Suite et fin de mon roadtrip en Tasmanie...
Day 7 : De retour dans le vrai
Après 2 jours sans grosses activités,
nous reprenons la route pour une journée qui s’annonce plus sympa.
Premier arrêt sur Stanley et son gros
rocher en bord de mer. Vu comme ça, on pourrait dire que c’est
l’Uluru des mers. Une marche jusqu’au sommet puis une boucle nous
permet d’apprécier le paysage et le panorama malgré un ciel
chargé en nuages. En chemin nous croisons pleins de Wallabies
rendant la balade de 3km vraiment cool.
Le deuxième stop de la journée se
fait sur Table Cape où se trouvent un lookout et quelques mètres
plus loin, un phare. La région est réputée pour ses champs de
tulipe… mais nous arrivons un mois trop tard. Pas grand-chose à
voir du coup.
Près de 2h de route pour rejoindre le
parc national de Cradle Mountain. En chemin, nous mangeons au bord
des Guide Falls, un cadre agréable.
En arrivant dans la région des Cradle
Mountain, nous allons sur un lookout qui nous permet d’avoir une
très belle vue sur l’ensemble du parc national et sur cette
fameuse montagne.
En milieu d’après-midi, nous
arrivons au cœur du parc. Juste le temps de faire une première
randonnée de 6km autours du Dove Lake formé autour des montagnes
que nous attaquerons dans deux jours…
Pourquoi 2 jours ? La météo de
demain s’annonce très compliquée tandis que celle de vendredi est
nettement plus ensoleillée. Demain, nous resterons donc en standby
pour attendre le soleil du lendemain.
Pour ce soir, nous dormirons sur un
camping à 7,5$ chacun pour apprécier la chaleur d’une cuisine et
de la salle TV plutôt que de se retrouver sous la pluie. En route
nous croisons un wombat, mon premier à l’état sauvage, un petit
nounours qui est le plus proche parent du koala.
Day 8 : Day off
Il a plu toute la nuit, il pleut encore
ce matin, les nuages recouvrent entièrement les montagnes… Bref,
les décisions du camping et du « day off » sont
totalement justifiées.
Ce matin, on ne fait rien… On regarde
la TV, on essaie de se connecter à un wifi quasi inexistant et puis
c’est pas mal.
La pluie se stoppant en début
d’après-midi, on décide de faire un tour dans la ville voisine,
Sheffield. Une belle surprise puisque ce village regorge d’artistes
peintres. Il y a plusieurs galeries extérieures et intérieures
ainsi que différentes peintures sur les bâtiments. C’est très
plaisant et ça fait du bien de prendre son temps à apprécier les
peintures.
En fin de journée, nous reprenons la
route pour revenir sur l’entrée des Cradle Mountains. Il ne pleut
plus, ce qui est de bon augure pour la grande randonnée de demain.
Day 9 : Cradle Mountain Act 2
On ne peut pas vraiment dire qu’il
fait beau ce matin et encore moins chaud… mais il ne pleut pas,
alors direction la Cradle Mountain pour la journée et une longue,
très longue randonnée.
On démarre du même point que la
dernière fois, à savoir en face du Dove Lake, puis on attaque une
courte ascension jusqu’au Wombat Pool. Parfait pour une bonne mise
en jambe.
Après 1 heure d’effort, nous
arrivons au premier lookout de la journée : Marions Lookout.
Une belle vue panoramique sur le Dove Lake, le Lake Lilla, la Wombat
Pool et… la Cradle Mountain (dont le sommet est caché par les
nuages. On continue en espérant que ça se dégage.
Nous voilà désormais aux pieds du
Cradle Mountain. L’accès est vraiment difficile, mais nous sommes
ici pour grimper jusqu’au sommet. Alors tête baissé, on grimpe,
on grimpe, en escaladant les rochers pour enfin y être ! Le
soleil est radieux, les nuages ont disparus et le spectacle est
sensationnel. A la hauteur de nos attentes.
Mais à force de foncer tête baissée,
nous sommes sorties des sentiers battus et avons créé notre propre
route. Du coup, je ne trouve rien de mieux à faire qu’accéder au
sommet officiel en longeant la montagne par le haut et en sautant de
rochers en rochers. Cette partie, bien que dangereuse m’a beaucoup
amusée. Une fois rendue de l’autre côté, le paysage est encore
plus merveilleux que le précédent. Je vois parfaitement la chaîne
montagneuse de Cradle Mountain et la montagne de Barn Bluff.
Le retour est plus tranquille. Nous
passons par le Crater Peak qui offre, là encore, une vue formidable
sur le Crater Lake. Puis nous longeons le Horse Track pour arriver
dans la Cradle Valley où nous croisons quelques Wombats. Génial
pour finir la journée avant de reprendre la route.
Un peu plus de 5h30 de randonnée pour
une bonne quinzaine de kilomètres parcourus. Ça fait une belle
journée.
Direction Strahan, à 2 heures de
route, pour rejoindre la côte Ouest et prendre une bonne douche.
Ce soir, nous dormons à 20 minutes de
la ville, dans les bois et sous des nuages très menaçant. Il
devrait pleuvoir toute la nuit et demain matin… espérons que non.
Day 10 : Journée noire
Il est des jours où l’on préfère
ne jamais se réveiller. Des jours où l’on voudrait être coupé
du monde. Des jours que l’on voudrait radier notre existence…
Aujourd’hui s’en est un. Et c’est le cœur brisé, martyrisé
et l’esprit encore déboussolé que je vous écris ces quelques
lignes d’une journée cauchemardesque.
Il est 9h ici, 23h en France, quand
nous nous levons. Pas de réseau (ou presque). Juste un message que
reçoit Jérémy « Horrible à Paris » (quelque chose
comme ça). On était loin de s’imaginer cette horreur… Alors on
déjeune, comme si de rien n’était, puis on prend la route de
Macquarie Heads.
Une belle plage pour 4x4 avec un phare
et l’ouverture sur la mer. Sympa pour débuter la journée. Et
c’est en retournant dans les terres que la (les) nouvelle(s)
tombent. Attentats à Paris. On est tous sous le choc dans la
voiture. Certains effondrés, d’autres (comme moi) dans une colère
et une inquiétude monstre. Heureusement, j’apprends rapidement par
mon frère que famille et amis proches sont saints et saufs. Mais
Quid des autres ?!
J’entame alors la plus longue et
pénible route de toute ma vie. Entre les montagnes et les virages,
le plus vite possible sans prendre de risques inutiles. Il est 11h30
quand nous arrivons sur Queenstown, 1h30 en France. Enfin du réseau.
L’occasion de contacter tous ceux que je pouvais contacter. Avec
soulagement, je constate un par un que tout le monde va bien. Mais
sans surprise, tous sont sous le choc.
On est resté près de 2h à lire et
relire ce qu’il s’est passé. Voir en temps réel l’évolution
de ce carnage et voir ce triste chiffre des victimes qui ne cesse
d’augmenter. Comment retrouver goût au voyage après ça ?
Comment retrouver la moindre envie ? Là, tout de suite,
maintenant, je veux vous serrer dans mes bras, vous sentir vivant.
Mais quoi de mieux que de poursuivre la route pour penser à autre
chose.
On voyage à 4, on est 3 français,
alors on se serre les coudes. Tous rassurés sur nos proches, on
essaie de prendre du recul, d’en parler de façon plus posée.
L’heure n’est pas à la fête et pourtant la vie continue avec le
sentiment et la conviction (encore plus forte) de profiter comme si
chaque jour est le dernier. Parce que oui, tant qu’il y aura des
connards sur cette terre, nous nous devons de vivre comme si chaque
jour était le dernier…
Alors, le cœur à rien, nous nous
dirigeons vers un restaurant pour ce midi. Prenons un peu de bon
temps. Même la météo essaie de nous redonner le sourire avec le
soleil qui pointe le bout de son nez.
Un premier lookout (Spion Kop) après
manger, puis un second (Iron Blow) nous permet de voir de magnifiques
paysages.
Puis nous continuons jusqu’à la
Nelson Falls, une cascade dans un cadre agréable, avant d’arriver
sur Donaghys Hill où la vue est superbe.
En fin de journée, un arrêt et une
pensée symbolique sur Frenchmans Cap avant de terminer par le lac St
Clair.
Ce soir nous dormons sur le plus spot
de ce séjour tasmanien, en pleine nature, au bord du lac King
William.
Vous l’aurez compris, je n’ai pas
l’envie de raconter ma journée qui était pourtant bien belle. Par
contre je pourrai m’exprimer des heures sur ce que je ressens mais
je m’arrêterai là. La France retiendra cette triste date du 13
novembre, pour moi ce fût un 14 et ça restera une journée noire.
#PrayForParis aimez chaque jour du plus
fort que vous pouvez vos familles et vos proches car on ne sait
jamais de quoi demain sera fait. A ma famille, mes amis et tous ceux
qui liront ces quelques lignes, je vous aime.
Day 11 : Le soleil pour réchauffer nos âmes meurtries
La nuit fût terrible. On se remémore
évidemment les tragédies de la veille mais je crois que cette nuit
l’épreuve la plus difficile était le froid. Un temps très sec en
altitude donc très froid. On a tous mal dormi mais c’est le soleil
qui nous a réveillés ce matin. Donc on pardonne à moitié la
météo.
Pas un nuage à l’horizon. On sort
tee-shirt et short pour cette journée qui s’annonce bien meilleure
qu’hier.
Premier arrêt sur Wayatinah Wooden
Pipeline, où l’on ne voit rien de bien intéressant et surtout
rien de bien naturel… juste des tuyaux et une structure
hydraulique.
On entame ensuite une longue route
jusqu’à New Norfolk pour refaire le plein de nourriture. Le soleil
étant encore de la partie, on se fait un excellent barbecue dans un
parc avant de taper un foot. On prend notre temps, ça fait du bien !
En milieu d’après-midi, on reprend
la route pour Mount Field National Park pour une randonnée d’1h30.
Nous y voyons deux cascades dont la fameuse Russell Falls, et une
forêt d’arbres géants dépassant les 100 mètres de hauteur.
Une longue route pour accéder au
campement au milieu des montagnes. En chemin, nous faisons un arrêt
à Junee Cave (petite grotte sympathique) avant d’attendre notre
point de chute.
Ce soir, c’est donc au beau milieu
des montagnes et des moustiques que nous passerons la nuit. Il fait
encore très froid mais on fera avec.
Day 12 : Des vues néozélandaise pour une météo australienne
Un réveil sous les nuages qui sont
bien bas ce matin. Mais ça se dissipe rapidement.
On prend la route pour un premier
lookout, celui du Pedder Lake. L’une des plus belle vue de Tasmanie
avec un long lac bordé par les montagnes (encore un peu sous les
nuages) avec quelques îlots. Avec un peu d’imagination, on se
rapproche des Milford Sound néozélandaises.
Puis on va à l’extrémité de notre
longue route où se trouve un barrage. Rien d’extraordinaire en soi
et pourtant, la prouesse de l’homme pour ce genre de construction
reste impressionnante. On profite de la vue, on s’amuse de l’écho
avant de revenir sur le Mount Field National Park.
Ça y est, il fait beau, il fait chaud,
la motivation d’une longue randonnée a été remplacée par
l’envie de profiter du soleil, au calme. C’est ce que nous
faisons pour le déjeuner.
On apprécie tout de même le parc
national avec une balade de deux heures pour accéder en haut d’une
montagne et voir le Seal Lake et ses montagnes vertes de végétation
dense. On n’est pas loin des Blue Mountains, c’est super à voir.
Pour dormir, nous traversons Hobart…
et oui ça sent la fin. On regagne le Sud et la Huon Valley. Ce soir,
on dort dans une forêt. Mes camarades ont le goût à la fête mais
pas moi. Est-ce la fatigue, les récents événements parisiens,
l’appréhension de la suite du voyage ? Peut-être un peu de
tout ça. Allez, bonne nuit.
Day 13 : Un sud assez moyen
Avant dernier réveil mais dernier jour
plein en Tasmanie. On sent des petits « hangover » en
voyant la tête de certain. Il faut profiter, la météo est
relativement bonne et il fait chaud.
Nous avons dormi sur Geeveston à côté
du parc national de Hartz Mountains. C’est ici que nous
commencerons la journée avec le lookout de Wattarah très similaire
aux Blue Mountains avec cette forêt dense sur les montagnes.
On continue par un court track jusqu’au
lac Edmond. Puis un autre après-manger jusqu’à Esperance Lake.
Les deux sont assez moyen mis à part une vue panoramique dos au
second, où l’on distingue la mer au loin.
Dans l’après-midi, nous allons au
Tunuah Air Walk, une balade sur une longue passerelle située à
hauteur d’arbre. C’est sympa sans être transcendant. Pour le
reste, pas grand-chose.
Ce soir, on
change de campement mais toujours dans la même ville de Geeveston.
Il est tôt (18h) nous pourrons donc apprécier cette dernière
soirée à 4 avant que chacun ne continue son aventure de son côté.
Day 14 : C'est le départ !
On se réveil sous le soleil, parfait
pour un nettoyage de la voiture.
On reprend la route de Hobart pour un
dernier arrêt au Mount Wellington. Une très longue montée en
voiture pour un point de vu exceptionnel sur la ville de Hobart, sur
les plaines alentours et sur la mer. Un bouquet final fabuleux.
On mange sur place, puis il est l'heure
de reprendre l'avion pour Melbourne...
Dans un prochain article, je vous
expliquerai le programme de mon dernier mois australien. Et oui,
c'est fini l'Australie... déjà !
Mes derniers mots ne seront pas très
originaux, mais je souhaite dédier cet article aux victimes
physiques et morales des attentats de Paris. Je suis de tout cœur
avec vous, n'ayons pas peur !
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