Dès le matin du départ, première épreuve : ai-je
suffisamment vidé mon sac pour pouvoir marcher aisément ? La réponse
est : Oui ! Bien évidemment ça fait son poids mais tout passe et
c’est bien là l’essentiel.
Deuxième épreuve : vais-je réussir à reprendre les
transports en commun 6 mois après les avoir quittés ? Of course !
Parce que oui, c’est seulement la deuxième fois en Australie que je prends le
train. C’est aussi ça le confort d’être véhiculé. Maintenant je n’ai plus que
les transports en commun et mes pieds pour me déplacer.
L'auberge
Deux heures de trains pour rejoindre la ville de Katoomba.
On peut la décrire comme étant la capitale des Blue Mountains. Les principaux
sites touristiques se trouvent aux alentours de cette ville.
Heureusement pour moi, l’auberge se situe à quelques mètres
de la gare. Ça m’évitera de me casser le dos avant même d’entreprendre les
dizaines de randonnées de la région. Le Katoomba Mountain Lodge est un des
trois backpacks de la ville. Sans aucun doute le plus ancien. Tout est vieux à
l’intérieur et c’est justement cette homogénéité « old school » qui
en fait son charme. Par contre, pas un chat ! Je cherchais la paix et la
tranquillité et bien c’est gagné. Je suis le seul touriste résidant dans
l’auberge. J’ai une chambre pour moi tout seul, une première depuis mon arrivée
en Australie ! Mes seuls compagnons d’auberge sont les propriétaires et
les personnes y travaillant. J’ai au moins pu travailler mon anglais en
sympathisant avec un couple franco-australien, un aborigène, et un australien
(qui ressemblait comme deux gouttes d’eau au Grand Gilles, papa je te laisserai
lui dire).
J’ai ainsi pu bonifier mon planning, mes itinéraires,
partager des repas et même faire une séance cinéma avec le film « The Gods
must be crazy ». Si vous avez l’occasion, regardez-le, c’est absurde mais
dénonciateur de la société actuelle.
Bref, si on oublie les 2-3 cafards, le wifi inexistant et la
faible pression des douches, cette auberge était très bien.
Katoomba
Après avoir pris connaissance des lieux, je m’attaque
d’entrée à la première randonnée. Une boucle d’une quinzaine de kilomètres
depuis l’auberge. Au bout de la rue (2 km tout de même), se trouve le premier
spot : Three Sisters. Ce point de vue magnifique domine une grande partie
des Blue Mountains avec en point de mire ces fameux Three Sisters représentées
par 3 pics rocheux l’un à côté de l’autre. C’est aussi le seul
« lookout » accessible en voiture, il n’est donc pas étonnant de voir
des centaines de touristes. Il suffit d’attaquer la randonnée pour en croiser
de moins en moins.
Pour ces 3 jours dans les Blue Mountains, je me retrouve
seul. Pas par choix, juste parce que je n’ai pas trouvé des personnes motivées
pour m’accompagner. J’avoue qu’au départ ça m’a fait chier, mais au final j’ai
pu aller à mon rythme et voir un maximum de choses.
En entrant dans le National Park, je suis direct invité à
descendre… descendre… descendre… et dire qu’il va falloir tout remonter après.
J’arrive aux pieds des Three Sisters et m’aventure dans la forêt de Leura. Rien
de transcendant. Je longe toute la falaise pour atterrir sur le Scenic World,
autre point touristique où la nature a laissé place à des attractions. En
effet, c’est le point de départ pour remonter vers la ville. Il y a plusieurs
issues possibles : les jambes, une railway (16$) et un téléphérique (16$).
Je suis jeune, sportif et… sans argent, j’opte donc pour la première solution.
La montée est dure mais je peux prendre le temps d’apprécier le paysage. A
mi-chemin, je me dirige auprès de la Katoomba Falls, séparée en deux par une
partie plate. Des dizaines de Kakatoès se trouvent à cet endroit. Il me reste
un peu de pain de mie qu’ils viennent me picorer dans la main. C’est cool.
La longue remontée se termine et il est déjà l’heure de
regagner l’auberge avant la prochaine randonnée.
Blackheath
Pour cette nouvelle journée, je reprends le train jusqu’à
Blackheath. De là, 3km de marche pour arriver à l’entrée du parc national. Le
temps de prendre les informations au Visitor Centre et direction Evans Lookout.
En chemin, je croise trois immenses Kakatoès noirs. En recherchant sur
internet, on les appelle aussi Microgloss. Magnifique. Le lookout est à l’image
de cette région d’Australie, vertigineuse et grandiose. Les mots me manquent,
les photos parleront sûrement mieux que moi.
Une autre randonnée se colle à celle d’Evans Lookout :
le Grand Canyon. Alors là, je me dis « attention les yeux ». Et
j’avais raison… enfin tord… enfin je ne sais pas trop. Oui le spectacle offert est
magnifique, mais pas comme je l’attendais. Le Grand Canyon est une boucle au
pied d’une montagne. Je me retrouve au milieu d’une végétation tropicale
extrêmement dense et humide. La construction du sentier pédestre a laissé au
maximum la nature faire sa loi pour le plus grand bonheur des randonneurs.
C’est bizarre, j’ai l’impression de dire ça à chaque article, mais cette
randonnée reste la plus belle que je n’ai jamais faite.
De retour au village de Blackheath, je suis face à un
ultimatum. Il est 14h30. Que faire ? Soit je rentre parce que je suis
fatigué et que je n’ai plus beaucoup d’eau. Soit je tente le diable et fais les
8 kilomètres qui me séparent de Hanging Rock, en espérant revenir avant la tombée
de la nuit. On m’a tellement vendu de rêve sur ce dernier spot que je ne peux
pas passer à côté. La route est longue et sans intérêt. La motivation est
difficile à aller chercher. Je regarde sans cesse mon GPS pour savoir où j’en
suis. Jusqu’à, enfin, arriver à destination. Je me retrouve bouche bée devant,
sans le savoir, Baltzer Lookout. Un point de vue spectaculaire sur un nouveau
massif montagneux. Puis j’aperçois un peu plus bas un rocher. Serait-ce… ?
Mais oui ! Le voilà ce fameux Hanging Rock. Mais qu’a-t-il de si
« fameux » ? En voyant les photos vous me comprendrez peut être…
Pour accéder au rocher, il faut faire un petit saut (puisqu’il n’est plus
totalement accroché à la montagne). Puis vous longez jusqu’à arriver à la
pointe (attention aux bourrasques de vent). Je me suis arrêté à 2 mètres de la
pointe. Il n’y a plus grand-chose pour se retenir et quelques centaines de
mètres de vide sous vos pieds. La sensation de vertige et d’adrénaline n’a
jamais été aussi grande, je vous le promets. Quand on remet les pieds sur la
montagne, on se sent vivant. Merci Clément d’avoir vraiment insisté pour que je
fasse ce spot. Si tu retournes dans le coin, vas-y, ça vaut vraiment le coup.
A l’image de l’aller, le retour est vraiment long. En
arrivant à la gare, je loupe mon train pour 3 minutes. Rageant, surtout que le
prochain est dans 1 heure, que la nuit commence à tomber, et qu’il fait froid…
Parce que oui, malgré 3 jours de beaux temps sous une chaleur parfaite pour la
randonnée, les nuits sont très fraîches (3 à 5°C). Plus de 30km dans les jambes
aujourd’hui, inutile de vous dire que la nuit sera bonne.
Wentworth
Troisième et dernier jour dans les Blue Mountains. Sur la
route du retour, je m’arrête à Wentworth Falls où une randonnée d’une dizaine
de kilomètres m’attend. Je l’avoue, ce matin ça piquait un peu, les jambes sont
lourdes. Ça faisait un moment qu’elles n’avaient pas enduré pareilles
souffrances.
Tout au long de cette randonnée, plusieurs cascades, par
dizaine, sont accessibles. La plus impressionnante est celle de Wentworth. Que
l’on se retrouve en haut de la cascade, ou en bas, la sensation reste indescriptible.
Les autres cascades sont plus classiques mais, enchaînées les unes aux autres, rendent
la randonnée particulièrement agréable.
C’est malheureusement l’heure de quitter cette magnifique
région pour regagner Sydney pour quelques jours avant de partir pour la
Nouvelle-Zélande.
Si vous venez en Australie et que vous aimez la randonnée,
cette parenthèse enchantée est à ne rater sous aucun prétexte !
La bise !
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