Ma chère Australie,
Il est des rencontres qui se font par internet, d’autres
grâce à des amis communs. Pour toi, se fût les deux. C’est d’abord Hamza qui
m’a parlé de toi puis j’ai appris à mieux te connaître grâce au web. Et c’est
au mois d’octobre que j’ai pris la décision de te rejoindre et de partager avec
toi cette année 2015.
Tu en as causé du chagrin à mon départ, le 1er
février 2015. Quitter ma famille et mes amis juste pour toi. C’est un peu
égoïste de ta part mais sûrement que tu en valais la peine… Et pourtant tu n’as
pas été que tendre avec moi. Souviens-toi.
Tu m’as laissé galérer pour trouver du boulot. Deux semaines
de recherche sur Perth, une semaine à s’activer auprès des fermes, un long mois
de néant à Brisbane… et au final, mes ambitions de serveur ou barman étaient
loin. Bon, tu me diras, nettoyer des chiottes, distribuer des flyers, bouger
des meubles, décorer des salles de mariage, c’est mieux que rien et ça m’a
permis de m’intégrer et de me rapprocher un peu plus de toi. Mais, alors que je
me sentais bien à tes côtés, par deux fois tu m’as mis une belle claque.
La première fût seulement un mois après mon arrivé. Quand tu
as volé mon sac avec les premières photos de notre rencontre. J’étais attristé
mais encore plus peiné par le sale coup que tu avais fait à mes amis Max et
Gilou… on ne touche aux passeports, tu devrais le savoir !
Pour la deuxième je me souviens d’une de nos soirées bien
arrosée. Peut-être un peu trop celle-là. Ce n’est pas une claque que je me suis
pris mais comme un coup de poing… Et hop, une dent en moins au réveil. Non
vraiment, on ne peut pas dire que tu ais été tendre. Alors quoi ? Tu as
pris ma fuite chez ta voisine Nouvelle-Zélande, comme une tromperie ? Mais
voyons, c’est toi qui m’as tout appris.
Tu m’as montré le bon côté des gens et la facilité
déconcertante de faire de nouvelles rencontres où que je sois. Longtemps je me
suis senti plus près de chez moi que chez toi avec tous ces français. Mais il
me suffisait d’ouvrir les yeux et d’apprécier tous les pays que tu abrites sous
ton toit.
Tu m’as donné le goût au voyage, l’envie sans cesse de
connaître toutes tes facettes et dieu sait que tu caches de belles choses. Je
vais oser parler de tes jardins secrets, tes parcs nationaux somptueux qui
resteront à jamais gravés dans ma mémoire.
De face, je voyais un soleil qui a illuminé chacune de mes
journées. De dos, une pluie d’étoiles, une constellation simplement inoubliable.
Tu m’as quand même fait tes petites crises où je ne voyais que ton côté
orageux, pluvieux, la tête dans les nuages. On a tous nos jours sans, et je
t’ai pardonné.
Et enfin, tu m’as présenté à ta famille, à ceux qui
t’accompagnent au quotidien : kangourous, koalas, wombats, crocodiles,
serpents, araignées, mouches, moutons, émeus, pingouins, dauphins, requins,
otaries, et j’en passe. Oh, tous n’ont pas apprécié notre liaison et je dois
dire que certains membres ont tout fait pour la gâcher mais heureusement, il y
avait tout le reste.
Alors ne va pas croire que je suis ravi de te quitter pour
entreprendre d’autres relations avec tes consœurs asiatiques. Je ne passerai
plus une journée sans penser à nos 40 semaines d’union. Pour sûr que tu vas me
manquer, on ne quitte pas quelqu’un qu’on a aimé sans laisser de profonds
regrets derrières soi. Mais je n’ai jamais eu le sentiment de pouvoir
construire quelque chose de concret à tes côtés.
Ne jamais dire jamais. Garde cette expression en tête, bien
que je ne pense pas revenir. La distance et l’envie de voir ailleurs auront
raison de notre relation. Infidèle que je suis.
Reste comme tu es ma chère Australie. Je laisse ma place à
un autre qui, je suis certain, saura te chérir comme je t’ai chéri.
C’est donc tendrement et non sans une certaine émotion que
je te dis…
Adieu.
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