Kalaw – Inle, 3 jours de trek sous le soleil
Pour rejoindre la ville de Kalaw située plus au sud, j’ai
pris un bus de nuit. Un bus local, pas très confortable mais suffisant pour
tenter de dormir 2-3 heures. Arrivé dans la nuit sur Kalaw (4h), j’ai trouvé un
petit restaurant et attendu le matin pour trouver mon bonheur : Sam
Family.
Pendant près de 2h, j’ai vu pas mal de touristes arriver. Le
restaurant semble être la seule chose ouverte à cette heure et mis à part
booker un trek, il n’y a pas grand-chose à faire dans la ville. Il existe de
nombreuses compagnies et, pour trouver la meilleure, il faut discuter pour
connaître les retours. L’israélienne que j’avais rencontré et plusieurs avis
allant de ce sens, j’ai donc choisi l’agence Sam Family. Celle-ci a l’avantage
de proposer des randonnées adaptées (2 jours, 1 nuit ou 3j/2n) et de réduire
ses groupes au nombre de 6.
Pour 30€ (hors entrée sur Inle, 10€), me voilà parti pour
parcourir 60km sur 3 jours avec un couple d’espagnols (catalans), 2
israéliennes, 1 polonaise, notre guide et notre chef cuisto.
Le premier jour nous traversons pas mal de champs et de
vallées le matin jusqu’à accéder à un formidable View Point qui sera notre
point de chute pour le déjeuner. L’après-midi, le soleil cogne un peu mais ça
reste agréable. Sur près de 3km nous remontons la voie ferrée avant de
traverser plusieurs villages. L’un d’eux sera le nôtre pour la nuit.
Setkyargone, c’est dans ce petit village de 100 habitants, perdu au milieu des
montagnes que nous passons la nuit. L’endroit est relativement sommaire, pas
d’électricité, douche extérieure au sceau et tapis de sol servant de matelas,
mais au moins on est au calme.
Le deuxième jour, réveil à 6h par un excellent petit déjeuner.
Je ne vais pas me répéter, mais la nourriture (qui est incluse dans le prix
total) est de très bonne qualité et variée. Le début de journée est très
agréable, dans les montagnes avec de beaux points de vue réguliers. Puis on
traverse une longue route plate et monotone jusqu’à un village. Le soleil est
assez violent et la récompense d’une bouteille d’eau bien fraîche en arrivant
n’est pas de trop. Après le déjeuner, la route reste la même sur 4-5km. Puis on
retrouve un peu de verdure en s’approchant d’une rivière. Nous longeons
celle-ci pour trouver un point d’eau où nous nous baignons avec les buffles. Ça
reste des buffles, mais c’est assez sympa. Après cette expérience originale, on
regagne un peu les montagnes pour arriver à notre village. Plus grand que le
précédent (500 habitants) mais aussi plus joli.
Troisième et dernier jour avec un réveil à 5h pour un départ
à 6h. C’est un peu tôt mais pour pouvoir profiter de la fraîcheur matinale,
c’est nécessaire. Parce que oui, les 2 voire 3 premières heures sont
relativement agréables car fraîches. Mais dès que le soleil s’élève un peu, ça
devient vite insupportable. Ce n’est pas les 50°C de Bagan, mais on doit
tourner autour de 40°C en plein soleil. Et la journée nous y expose avec des
endroits désertiques et une terre rouge qui rappelle le Red Center australien.
Le midi nous arrivons à l’entrée du lac de Inle. Après le déjeuner, nous
prenons le bateau pour remonter tout le lac. Pourquoi ce lac est si
célèbre ? Pourquoi ai-je vraiment apprécié cette heure de bateau ? Je
ne sais pas. La seule chose que je peux dire c’est que le mélange végétation,
cabanes sur pilotis, pêcheurs, montagnes, est harmonieux.
Nyaungshwe est la ville la plus proche d’Inle Lake. J’y
passerai une nuit avant de rejoindre Yangon. Il est temps de dire au revoir à cette belle équipe de randonneurs.
Se perdre (encore) dans la région d’Inle Lake
Décidément, j’aime me perdre dans ce pays. La veille, je fais la connaissance de Tommy un
Finlandais qui ne semble pas avoir plus de plans que ça sur son séjour à Inle
Lake. Ça tombe bien, moi non plus.
Pour 0,80€ on loue un vélo pour la journée et prenons la
direction d’un domaine viticole assez réputé dans la région. Situé un peu en
hauteur, le domaine surplombe la ville de Nyaungshwe et on distingue au loin un
petit bout du lac d’Inle. Il est 10h… parfait pour entamer une dégustation de 4
vins (2,5€). Si l’espace où sont cultivés les raisins est joli, si les machines
à produire le vin sont dignes des plus grands vignobles, le goût n’est vraiment
pas terrible. Après la Nouvelle-Zélande et l’Australie, vous avez désormais
face à vous un fin connaisseur, au palet redoutable !
Tommy continue sa route pour faire une loupe en traversant
le lac en bateau. Moi, après 3 jours de trek, petite nature que je suis, je
n’ai pas les jambes. Je rebrousse chemin vers la ville pour dire au revoir à
mes amis espagnols. En plus de leur gentillesse, ils m’ont apporté beaucoup
d’informations sur le Sri Lanka, pays qu’ils ont fait avant d’arriver au
Myanmar et ma prochaine destination.
Je profite du vélo pour longer la rivière qui mène au lac,
sans savoir où cela va me mener. Et bien m’en a pris, car le chemin est très
calme et apaisant. Personne sur la route, je suis entouré par plusieurs
hectares de rizières avant d’arriver face à plusieurs pagodes blanches et un
Buddha bleu. Magnifique. Collé au temple, un petit village de maisons en
bambous situées entre les rizières et la rivière. Idyllique. Ça a du bon de se
perdre, je vous le (re)dis.
Sur le retour, je fais un tour en ville où les pagodes se
mélangent au trafic relativement dense pour une ville de cette envergure. Et
puis il est l’heure de prendre mon bus jusqu’à Yangon…
Yangon, une nouvelle boucle bouclée
Un bus de nuit me permet de revenir dans la ville où mon
séjour au Myanmar a commencé, 15 jours plus tôt (déjà). J’arrive à 5h du matin
donc autant dire que la journée va être longue…
Cependant, l’avantage d’arriver aussi tôt, permet de
profiter du calme et d’un peu de fraîcheur dans la ville, tout ce que je n’ai
pas eu lors de mon premier passage. Après avoir déposé mes affaires à l’hôtel,
j’entreprends donc une petite balade qui durera la journée…
Direction la Centrale Station pour prendre le train. Petit
détour par une église de type British pour apprécier cette architecture
occidentale que l’on trouve de temps à autre dans ce pays.
Mais revenons-en au train. Pourquoi prendre un train alors
que je sors d’une nuit de bus ? Il y a quelque chose d’assez sympa qui est
proposé aux locaux (et touristes par la même occasion) c’est le Yangon Circular
Line. Autrement dit, un tour de la ville et ses environs pour la modique somme
de 0,15€. Cette boucle dure 2h30 pour 45km parcouru (à 17km/h, forcément ça ne
va pas vite). L’objectif étant de se mélanger totalement avec les locaux (c’est
le cas) et d’apprécier les villages, les champs et les marchés qui entourent
Yangon (notamment la partie Nord qui est magnifique). Le seul hic que je n’ai
pas pris en compte : la fatigue. Les 3h de somnolence dans le bus n’ont
pas suffi. Du coup, je pense avoir loupé la moitié du trajet. Heureusement,
c’était la partie en ville, donc la moins intéressante.
Le ciel est menaçant mais ça semble tenir. Je continue donc
mon trajet après le train en traversant le jardin zoologique de la ville. Je
n’avais nulle intention d’y mettre les pieds, mais pour 2€ je me suis dit
« Allons voir ce que ça donne ». Et bien pour la quantité d’animaux,
c’est cadeau ! Tigres, lions, hippopotames, rhinocéros, éléphants, pandas,
crocodiles, serpents, dromadaires, ours, singes, léopards… et j’en passe, tout
le monde y est. Bon, le côté « jardin » c’est pour nous les visiteurs
et « zoo » pour les animaux. Ça fait davantage penser à une prison
qu’à un parc animalier. Un peu de peine de voir tout ça. D’ailleurs, par
moment, j’avais aussi l’impression d’être un animal… à force d’être
pris en photo, je faisais de l’ombre aux tigres.
En face du zoo se trouve le National Kantawgyi Garden, un
parc massif dont la superficie est dominée par un lac que l’on peut traverser
grâce à plusieurs ponts en bois. Le cadre est vraiment très agréable et à l’image
des nombreux parcs de la ville, totalement coupé de la circulation et du bruit
alentour.
A 1km du parc, se trouve le plus beau monument de Yangon et
peut-être même la plus belle pagode de Birmanie (avec Bagan et Sagaing, il y a
du level) : Shwedagon Pagoda. 1km c’est court mais quand le premier jour
des moussons vous tombe dessus, c’est très long. Quel déluge ! Ça promet
pour la Thaïlande… Bref, revenons à cette fameuse pagode. Déjà elle est
payante : 6€ l’accès. Ensuite elle est immense et tous les temples qui
l’entourent sont grandioses. On se croirait dans un autre monde, je dirai
presque dans un endroit divin. Il y a beaucoup de visiteurs, mais pour une fois, ce
n’est pas un problème puisque ce ne sont que des locaux qui viennent pour prier.
C’est simple, pendant l’heure que j’ai passé dans ce lieu de culte, je n’ai pas
croisé un seul touriste.
Si la météo le permet, demain je vais entreprendre une autre
balade dans la vieille ville ainsi qu’un possible couché de soleil sur le
temple de Shwedagon. Mais entre la motivation et le temps, ça ne va pas être si
évident.
7h… tout est si calme à cette heure-ci. Je suis de plus en
plus matinal mais que voulez-vous ? Ne dit-on pas que l’avenir appartient
aux gens qui se lèvent tôt ?
Ce matin le soleil est de retour et la température est agréable
(pour le moment). Je commence donc mon tour de la downtown (ville basse) où il
n’y a que de beaux et vieux monuments de type anglo-saxon. Voilà, c’est à peu
près tout ce que je peux dire sur ce tour qui ne m’aura pas pris plus de 2h. Et
après ? De la pluie, de la pluie et de la pluie. Je suis bien à mon hôtel.
Malheureusement, pour mon dernier jour en Birmanie, la météo
ne me laisse guère le choix de rester à l’abri. Mais ne critiquons pas, elle a
été tellement clémente tout au long du voyage que je lui pardonne facilement
son petit caprice de fin de séjour.
Voilà, c’est ainsi que se fini mon voyage au pays des
Pagodes. Ce n’est peut-être pas le pays le plus beau que j’ai vu en termes de
paysages et d’infrastructures, mais humainement c’est sans aucun doute celui où
j’ai le plus appris. J’ai le sentiment d’en ressortir grandit, intérieurement
bien entendu. Et, aussi paradoxale soit-il, c’est le pays où j’ai vu le moins
de touristes et pourtant où j’ai le plus apprécier voyager avec eux. Que ce
soit du vietnamien rencontré le premier soir au couple anglo-roumain avec qui
j’ai déjeuné ce matin, sans oublier la chilienne, l’allemande, l’israélienne,
l’américain, les anglais ou encore le couple espagnol, tous ont contribué,
d’une manière ou d’une autre, à rendre ce séjour unique.
Maintenant je vais retrouver ma famille l’espace d’une
semaine, il était temps ! Puis revoir « mi hermano » pour
quelques jours. 2 semaines de break, 2 semaines de vacances, 2 semaines pour se
remettre en condition avant d’attaquer une dernière ligne droite qui s’annonce
très… indienne.
En attendant, portez vous bien !