Suite et fin de ce roadtrip avec Anne-Cécile.
Day 10 : Brisbane
Après une nouvelle soirée et nuit festive, il est encore
l’heure de la grasse matinée. Attention, on va finir par s’y habituer !
Journée shopping souvenirs (je me demande vraiment comment
tout va rentrer dans la valise…) puis découverte du Botanic Garden du CBD
sous un crachin très breton.
Parlons météo justement. Brisbane ne devait être qu’une
étape comme une autre mais les mauvaises conditions climatiques nous obligent à
rester quelques jours de plus. En cas de pluie, il est préférable de se
retrouver dans une grande ville plutôt qu’au milieu de nulle part.
En soirée, je fais découvrir le Chinatown de Brisbane ainsi
que la Fortitude Valley. On se pose avec deux de nos colocs pour manger. Une
vue imprenable sur Brisbane et son Story Bridge nous est proposée.
Le soir nous retrouvons 2 de mes meilleurs amis d’Australie
ainsi que toute la bande des français de Brisbane. Encore une nuit
épique !
Day 11 : Brisbane
Et encore un réveil difficile… Le goone continu de faire des
ravages. Pas au point de se casser une dent et la lèvre mais quelques maux
d’estomac.
Pas grand-chose pour aujourd’hui même si le soleil pointe le
bout de son nez.
On se pose au Botanic Garden avant de s’offrir un petit
restaurant dans le centre de Brisbane. Un délice.
Une dernière soirée d’au revoir avec toute l’équipe des
français de Brisbane et il est temps de plier bagage. Savourons cette ultime
nuit dans Brisbane avant la reprise de la route demain.
Day 12 : Stradbroke Island
Un peu de peine à se lever mais ça vaut le coup pour ce qui
nous est promis. Je jette un dernier regard sur ce petit mais génialissime
appartement qui m’aura tant apporté au cours de ces quelques mois sur Brisbane.
Merci à tous les colocs de nous avoir hébergés et surtout d’avoir accepté de
vivre 4 nuits à 10 !
On reprend la route direction le port de Cleveland (une
petite demi-heure de route) où nous attend un ferry pour rejoindre Stradbroke
Island.
Celles et ceux qui suivent mon périple savent que Fraser
Island est la plus grande île de sable au monde. Et bien sachez qu’elle a aussi
2 petites sœurs : Moreton Island (accessible uniquement en 4x4 comme
Fraser) et Stradbroke Island (ouverte à tous).
Arrivé sur l’île, un bus nous amène jusqu’à notre Auberge.
On prend rapidement connaissance des lieux et on file sur la plage. Personne.
Que c’est agréable. Le temps est légèrement couvert mais qu’à cela ne tienne,
on est vraiment en vacances !
Au fil de l’après-midi, les nuages se sont dissipé ce qui
nous a permis de voir un beau coucher de soleil.
Nuit à l’auberge dans un silence de cathédral très apaisant.
Peu de monde, on partage la chambre avec un Estonien roublard. En mangeant on
discute avec des personnes travaillant pour l’auberge avant de savourer un
petit thé dans les hamacs mis à disposition. On profite du billard et de la
table de ping-pong avant de regagner notre chambre et se laisser bercer par le
bruit des vagues. Ça aura été ma nuit la plus cher dans un backpack (35$) mais
à coup sûr la plus agréable tant les lieux étaient propres et calmes.
Day 13 : Stradbroke Island
Après cette excellente nuit de sommeil réparatrice, on
attaque la principale randonnée du nord de l’île.
Des décors de carte postale (ça change en Australie) jusqu’à
arriver au point de non-retour pour Anne-Cé : « Il fait trop beau, je
vais me baigner ! ». Bon, l’eau était fraîche mais quoi de mieux que
de se poser sur une plage de sable blanc déserte, entourée de rochers, une mer
transparente et d’un bleu turquoise, le tout sous un soleil de plomb ? Le
paradis sur terre.
Après cette escale baignade et bronzette on reprend la route
jusqu’à un joli point de vue pour manger.
L’après-midi, moins de plage, mais plus de paysage. On passe
par des endroits magnifiques avant de se poser au bord d’une falaise. Au loin
on aperçoit une tortue qui sort ça tête de l’eau… encore plus loin on peut voir
des baleines s’amuser à montrer leurs nageoires… et tient, que voit-on juste devant
nous ? Un banc de dauphins navigant du Sud au Nord. Le combo tortue –
baleines – dauphins semble à peine croyable et pourtant, nous avons vécu ce
moment magique.
Sur le retour on croise des kangourous sauvages. Nous ne
sommes plus à ça prêt !
En fin de journée on retourne vers le ferry. Fini cette
parenthèse paradisiaque, retour sur la terre ferme et surtout, retour dans
notre maison, la voiture !
Day 14 : Mount Coolum & Yaroomba
Aïe ! A
force d’éviter les nuits en voiture, on en perd l’habitude. Et le dos en prend
un coup. On essaiera de mieux dormir ce soir.
Au programme du jour, une remontée sur la Sunshine Coast
avec pour objectif Noosa. En chemin, une randonnée et une plage nous attendent.
Premier arrêt au pied du Mount Coolum, une montagne pas
spécialement réputée mais offrant un beau panorama. Le chemin est court mais
très raid. Ça fait travailler les jambes et le souffle. On souffre jusqu’à la
dernière marche mais le spectacle qui nous est offert est magnifique. D’un côté
on peut voir toute la Sunshine Coast, du port de Brisbane à Noosa, et de
l’autre des étendus de plaines entrecoupées de montagnes. Parfait pour manger.
Comme promis, plage et chill total l’après-midi. Le soleil
est au rendez-vous et la chaleur aussi. On retrouve la météo de mes débuts en
Australie. Que du bonheur !
Une douche bien fraîche et quelques courses pour les
prochains jours, et il est l’heure de trouver un endroit où se poser pour la
nuit. Encore cette problématique. On tente notre chance en bord de plage… je
suis un peu sceptique quant aux rangers mais j’espère que ça le fera.
Day 15 : Noosa
Et ça l’a fait ! Aucun problème… enfin si, toujours ce
mal de dos et ce matelas de mauvaise qualité. Debout à 7h30, le soleil matinal
chauffe rapidement la voiture.
Une magnifique journée nous attend ! La voiture fait
son petit caprice matinal ce qui ne nous empêche pas de décoller en direction
de Noosa.
Le résumé de la journée est très simple : plage,
bronzette et premiers coups de soleil. De vraies vacances. Grâce à Anne-Cé, je
me remets à la lecture (pas en anglais mais ça viendra). Un temps idyllique
pour une journée qui l’est tout autant. Il faut en profiter car, selon les
estimations, ça ne va pas durer !
En fin de journée, on profite de la douche de la plage avant
d’aller au McDonald’s pour recharger les batteries de nos appareils
technologiques.
Première nuit façon « SDF », caché et camouflé
dans la ville de Noosa.
Day 16 : Noosa
Après cette journée plus que tranquille de la veille, place
à la randonnée et à la (re)découverte du Parc National de Noosa.
Une longue marche de près de 4 heures où l’on navigue entre
forêt, plage, roches, surfeurs, « tous nus » (surprenant) et quelques
endroits vallonnées donnant des points de vues magnifiques. 4 heures de plaisir
pour les yeux (un peu moins pour les jambes) sous un soleil radieux malgré
quelques nuages menaçant.
Et la menace pressentie c’est avérée être une belle petite
tempête comme je n’en ai jamais eu en Australie. La pluie était intense et les
premiers éclairs sont apparus. Mais tout va si vite dans ce pays… Après 1 heure
tout est redevenu calme et nous avons repris la route du retour jusqu’à une
aire de repos proche des Glass Mountains.
Day 17 : Glass Mountains
Le soleil matinal nous fait oublier la pluie intense de la
veille. Et c’est tant mieux vue ce qui nous attend. 30 minutes de route et nous
voici à l’entrée des Glass Mountains, un alignement de montagnes faisant
presque figures d’intrus au milieu des plaines.
Trois monts nous attendent…
Le premier permet d’apprécier l’ensemble des Glass Mountains
et l’immensité qu’ils représentent dans pareil endroit.
Le second restera pour moi inoubliable. L’ascension commence
par une randonnée autour de la montagne. Sans saveurs et sans grand intérêt.
Mais un chemin mène au sommet de cette montagne demandant la préparation et l’équipement
nécessaire pour de l’escalade. Connaissant la manière dont les australiens
grossissent les traits de la moindre difficulté, je décide de m’y aventurer
tandis qu’Anne-Cécile rejoint la voiture… avec du recul, j’aurai mieux fait de
la suivre. La première phase de cette ascension est délicate mais à la portée
de n’importe quel randonneur du dimanche. Et là arrive la deuxième phase. J’arrive
au pied d’un mur qui semble monter sur une centaine de mètres. Pas plus effrayé
que ça, je monte une première partie avant de me rendre compte qu’il faudra
bien la descendre un jour. Je ne sais si c’est une prise de conscience ou un
certain vertige qui apparaît mais j’avoue avoir été pris de panique, ne sachant
pas comment redescendre… J’ai bien mis 5 minutes avant de trouver un chemin et
une issue favorable. La vue d’en haut était belle mais cette petite peur m’aura
bien servi de leçon : pas d’escalade sans équipement !
Content de retrouver la voiture, nous nous attaquons à la
dernière ascension sur le mont Ngungun. Une montée balisée, relativement
intense et découlant sur un sommet offrant une formidable vue panoramique.
Encore une fois : un régal pour les yeux !
En fin de journée, nous sommes attendus chez Marion,
Alexandre, Rudy et Clément, des amis de Brisbane résidant sur Caboolture (à 1
heure de Brisbane). On profite de ce passage pour découvrir le sympathique parc
de la ville peuplé de nombreux volatiles.
Puis arrivée chez mes amis. Une soirée posée où le goone
coule à flot. Une soirée en guise d’au revoir car je ne sais pas si j’aurai l’occasion
de recroiser leurs chemins en Australie…
Day 18 : Brisbane
On continue la descente jusqu’à l’aéroport de Gold Coast en
faisant étape à Brisbane. Une courte étape rythmée par la pluie et les derniers
achats souvenirs d’Anne-Cé.
L’heure également de dire au revoir à Raphaël (mon coloc
remplaçant).
Ce soir nous dormirons de nouveau sur une aire de repos. On
commence à en avoir l’habitude.
Day 19 : Mount Tamborine
Un beau rayon de soleil vient doucement chauffer la voiture
et donc nous réveiller. Une belle journée nous attend et, sur la route menant à
Surfers Paradise, nous décidons de faire un détour dans le Mont Tamborine.
Plusieurs petites randonnées s’offrent à nous et nous
choisissons la plus réputée. Celle menant à la cascade faisant la renommée du
Parc National. La marche est effectivement sympa. On se sent tout petit au
milieu de cette végétation tropicale immense. La cascade, qui se jette dans un
petit bassin est aussi agréable qu’apaisante.
Sur le retour, nous traversons le village de Tamborine et la
rue « Gallery Walk ». Beaucoup de monde dans cette allée ce qui
attise notre curiosité. La particularité de cette rue tient à ses commerçants.
Des artisans proposant tous types de produits, allant de la déco à l’alimentaire,
et avec des façades et des intérieurs d’une originalité valant le détour. On y
vient la plupart du temps non pas pour acheter, mais davantage pour visiter.
Après cette étape qui aura finalement pris une grosse partie
de la journée, nous roulons jusqu’à Surfers Paradise. Là aussi le temps d’un au
revoir aux filles qui nous ont si gentiment accueilli lors de nos premiers
jours de roadtrip.
En fin de journée, nous nous dirigeons vers une aire de
repos proche du Mont Warning. Je n’en dis pas plus, vous verrez les détails
quelques lignes plus bas… Ce soir-là, je finis le livre qu’Anne-Cé m’avait
proposé de lire. Si l’histoire me plût au début, le dénouement était trop
attendu. Mais ce livre était très bien écris et m’aura mis à l’idée de rédiger
un peu mieux ce blog pour le rendre plus agréable à lire et à découvrir.
Day 20 : Mount Warning & Coolangatta
3 heures du matin le réveil sonne… La nuit fût courte mais
pourquoi donc se lever aussi tôt, se faire tout ce mal après bientôt 3 semaines
de voyage ?! La réponse est simple : pour voir l’un des plus beau
levé de soleil offert par l’Australie.
Une petite demi-heure de route dans les montagnes et nous
voici au pied du Mount Warning. 1100 mètres d’altitude et 4,4km d’ascension. Il
fait nuit noir et, équipé de nos lampes et de notre motivation, nous nous
attaquons à ce qui va vite devenir un enfer.
En effet, 4,4km c’est long… A 4 heures du matin c’est
fatiguant… Quand on rien avalé avant c’est épuisant… Et quand on ne voit pas à
1 mètre c’est dangereux. Mais impossible de faire machine arrière et nous
montons mètre après mètre, bravant les pierres humides et glissantes jusqu’à
atteindre les 4km. Là, face à nous, une coulée de pierres à escalader. La
chaîne servant de soutien sur le côté me donnait nettement plus de confiance
que l’escalade au Glass Mountains. Mais cette ascension ne rassurait pas
Anne-Cé. Les roches mouillées et glissantes rendaient la montée périlleuse et
stressante… mais qu’en serait-il de la descente ?
Toujours est-il qu’après 2 heures de marche, nous nous
retrouvons au sommet de cette montagne mythique avec une vue à 360°C à vous couper
le souffle. Le mont domine toutes les autres montagnes. Malgré un ciel chargé, le
soleil transperce les nuages éclairant un à un les différents monts de la
région. Le spectacle est jouissif et nous ne pouvons que nous satisfaire d’avoir
bravé le danger pour assister à ce moment magique.
Pendant 1 heure nous restons là, ébahit face à tant de
beauté. Mais le froid reprend le dessus et il est temps d’amorcer la descente. La
visibilité est nettement meilleure puisqu’il fait jour. Mais descendre ce que l’on
a escaladé relève non pas du miracle, mais de différentes stratégies pour
assurer notre sécurité. En rappel, les mains au sol, à l’aide des branches, ou
encore sur les fesses… tous les moyens sont bons pour assurer la descente. Et
quel soulagement (et satisfaction) une fois cette étape validée !
Pour nous remettre de toutes ces émotions, nous reprenons la
route jusqu’à Coolangata afin qu’Anne-Cécile puisse profiter une dernière fois
de la plage australienne.
Je me mets à la lecture d’un nouveau roman mais j’abandonne
vite face à la pauvreté de l’intrigue. Je découvre un peu les alentours de
cette plage avec la partie des Snaper Rocks où la mer vient fracasser des
rochers noirs avant de s’éteindre sur la plage. Une mer pleine de surfeurs
durant toute la journée. Un cliché australien et pourtant si véridique.
Ce soir j’écris donc la fin de cet article, la fin de cette
nouvelle aventure. Anne-Cécile prend son envol pour la France demain à 8h. Je l’envie
un peu, beaucoup même par moment. Je ne sais pas si c’est la fatigue physique
ou morale qui me ronge mais voilà 7 mois que je suis loin des miens et leur
absence me pèse un peu plus chaque jour. Bien sûr vous me manquez et en période
de doute, quand quelque chose ne va pas, quand un imprévu arrive, ce manque s’intensifie,
s’amplifie. Mais heureusement, il y a les bons moments. Ceux que je vous décris
la plupart du temps. Et c’est quand je repense à tout ce que j’ai vécu, que je
me dis qu’il me reste encore pleins de choses à faire. Que ces 7 mois ne sont
que le début d’une longue aventure. Que le départ d’Anne-Cécile est un énième
nouveau renouveau de mon voyage.
Demain je serai seul, je repars dans l’inconnu. Je l’appréhende.
J’en ai même le vertige. Mais je surpasse ces craintes avec l’envie d’en
découvrir davantage et de me découvrir davantage.
Je vous embrasse tendrement.